Les cendres (Abbé Pillard)

Aleteia donne la parole au père PILLARD

À l’occasion du mercredi des Cendres, de nombreux fidèles, catholiques ou simples curieux, s’interrogent : faut-il être baptisé pour recevoir les cendres ? Ce geste qui ouvre le Carême est-il réservé aux seuls catholiques ? Explications.

À l’approche du mercredi des Cendres, une question revient souvent dans les paroisses : l’imposition des cendres est-elle réservée aux seuls catholiques, ou même seulement aux baptisés ? Beaucoup s’interrogent, notamment ceux qui accompagnent des proches à la messe, mais ne partagent pas (encore) la foi de l’Église.

Le sens des cendres

Ce jour qui marque l’entrée en carême intrigue. Les regards curieux, parfois moqueurs, s’attardent sur le front de celles et ceux qui, à la sortie de la messe, arborent une mystérieuse trace sombre. Ce « signe » interroge : est-il réservé à une élite, un privilège réservé aux initiés ? En réalité, l’imposition des cendres est un geste profondément ouvert. Comme le rappelle le père André Pillard, ancien prêtre du diocèse de Moulins, « les cendres sont un rituel liturgique pour indiquer l’ouverture du carême. Ce n’est pas un sacrement. Le carême est une attitude spirituelle et liturgique. » Dans l’Église catholique, les cendres sont un sacramental : un signe sacré, béni par l’Église, qui accompagne les fidèles sur leur chemin de conversion, mais n’exige pas de prérequis particuliers. Comme le rappelle le cérémonial, la bénédiction qui accompagne la cendre s’adresse à tous : « Repentez-vous et croyez à l’Évangile » ou « Souviens-toi que tu es poussière, et que tu retourneras à la poussière ».

Qui peut recevoir les cendres ? 

Contrairement à la communion eucharistique, qui n’est réservée qu’aux baptisés, la réception des cendres, le mercredi des Cendres, est ouverte à tous. Toute personne qui en exprime le désir, catholique ou non-baptisé, peut s’approcher de l’autel, sans distinction. Le père Pillard le précise clairement : « N’importe quelle personne peut venir à la messe. N’importe quelle personne peut recevoir les cendres pour manifester son désir d’entrer en carême de sa manière. » Aucun rite préalable, aucun dossier à remplir : seulement la soif d’un chemin, le désir de conversion ou de réflexion. Cette ouverture exprime la miséricorde de Dieu, qui ne pose pas de condition à son appel : la cendre ne « marque pas » une appartenance, mais invite chacun à s’engager humblement sur la route du carême.

Un signe qui ouvre le cœur 

Pour de nombreux catholiques, ce rite devient source de témoignage : combien d’amis, de collègues ou de voisins s’en étonnent en croisant leur chemin ce jour-là  ? Aux traditionnelles interrogations « Tu as quelque chose sur le front ! », répond souvent une invitation à partager le sens profond du carême. Chacun demeure libre de s’y ouvrir : l’imposition des cendres n’est pas un automatisme, mais un appel. Et le père Pillard de conclure : « Si les personnes veulent vivre le carême à leur manière, selon leurs règles, elles peuvent commencer cette démarche avec la cérémonie des cendres. »

                                                                       Hortense Leger – publié le 16/02/26