
Nous nous sommes retrouvés à 60 (beau succès !) vendredi 7 mars pour un « Ciné Paroisse », en partenariat avec le Cinéma René Fallet de Dompierre, consacré au film d’Eric Lebel sorti en 2024 : « A l’ombre de l’Abbaye de Clairvaux ». Le film a été suivi d’un exposé d’un acteur missionné par le diocèse, qui accompagne les détenus à leur demande dans une centrale pénitentiaire bourbonnaise*.
En rencontrant les « longues-peines » (20 à 40 ans) de la centrale de Clairvaux et le personnel de la pénitentiaire, peu avant sa fermeture en 2023, mais aussi les moines de l’abbaye de Cîteaux, Éric Lebel nous a invité à une réflexion profonde et sensible sur la liberté, mais aussi à une prise de conscience sur l’univers carcéral et son inhumanité.
Autant les moines choisissent leur monastère, leur ordre et ses règles de vie, autant les détenus ne choisissent ni le lieu, ni les règles, ni leurs co-détenus. Certains « s’évadent » en anticipant une sortie possible, d’autres mettent à profit ce « temps d’arrêt » dans leur vie pour se réorienter, voire changer.
L’éclairage donné par notre intervenant, après le film, allait dans ce sens : il accompagne deux détenus qui, actuellement, envisagent ou préparent le baptême.
Merci à notre intervenant pour sa présence et son témoignage.
* Par souci de discrétion, le nom et l’établissement ne sont pas communiqués.
« Peu savent que beaucoup d’abbayes ont été transformées en prison après la révolution française. La plus grande abbaye cistercienne de France jouxte désormais un centre pénitentiaire où sont enfermés des détenus pour des peines plus ou moins longues. Le réalisateur Eric Lebel interroge des détenus de l’abbaye et de la prison pour des réflexion qui se font miroir. Même vocabulaire, même enfermement, même quête de soi-même pour trouver sa voie et la paix intérieure.
Le documentaire se regarde avec intérêt, les images sont belles, les réflexions sont profondes, le spectateur attend de voir comment vont évoluer les détenus enfermés, certains doivent sortir, d’autres sortent, des solutions existent pour travailler et gagner de l’argent, d’autres prennent des cours pour préparer leur réinsertion. Il y a une vie entre les murs des prisons, des hauts, des bas, des prises de conscience, le tout avec comme toile de fond une abbaye ancestrale et des paysages verts et luxuriants. Les prisons placées en plein cœur de la nature, le principe est propice à la paix des consciences, loin du tumulte bruyant des villes.
Pour information, désormais sans détenus, la maison centrale de Clairvaux attend encore une reconversion prochaine, les occupants ont été déplacés dans d’autres centres pénitentiaires et les lieux sont vides, mais les questions demeurent… (…). »
Stanislas Claude, site Publik Art